Le PC soutient la demande d’expulsion diplomatique de l’ambassadeur américain Brandon Judd

Lautaro Carmona a affirmé sur TVN que le représentant de Washington agit sans contrôle et remet en cause la souveraineté chilienne par ses interventions publiques.

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Le président du Parti communiste (PC), Lautaro Carmona, s’est joint à l’offensive de l’opposition contre Brandon Judd, ambassadeur des États-Unis au Chili. Dans l’émission Estado Nacional de TVN, il a déclaré soutenir l’idée que le ministère des Affaires étrangères le déclare persona non grata.

Selon Emol, la demande a été signée par 14 députés de l’opposition, allant du PC à la Démocratie chrétienne (DC). Elle vise les récentes déclarations de Judd sur le détroit de Magellan, la souveraineté du pays sur le territoire antarctique et le soulèvement social de 2019, entre autres sujets.

Déclarer un diplomate persona non grata revient à lui retirer la confiance de l’État d’accueil. En pratique, cela oblige son pays à le rappeler. C’est l’un des signaux les plus fermes du langage diplomatique.

Carmona a employé une image parlante. Selon le dirigeant, l’ambassadeur « se comporte comme un éléphant dans un magasin de porcelaine » et a perdu tout sens de la mesure dans ses rapports avec le pays. À ses yeux, un diplomate doit être prudent et travailler loin des projecteurs, et Judd fait le contraire.

« Il défie à plusieurs reprises l’autorité établie dans le pays », a affirmé Carmona, faisant référence au gouvernement de José Antonio Kast. Il a ajouté n’avoir connaissance d’aucun avertissement ni rappel à l’ordre en privé qui aurait freiné l’ambassadeur.

Le dirigeant communiste a averti que les positions publiques de Judd peuvent engendrer des conflits ayant des conséquences pour les Chiliens et les Argentins. « Nous sommes loin des États-Unis », a-t-il rappelé, estimant que le représentant intervient sur un terrain qui ne relève pas de ses fonctions.

Interrogé sur la possibilité qu’une note de protestation constitue une première étape plus prudente, Carmona a dit espérer qu’elle arrive, tout en insistant sur le fait que le débat est déjà ouvert. Il a également estimé que la controverse découle d’une initiative personnelle de Judd. « Nous sommes un pays souverain », a-t-il souligné.

Concernant le risque de nuire aux liens avec Washington, il a assuré ne pas chercher à affecter la relation entre les deux États. Il a toutefois qualifié le comportement de l’ambassadeur de provocation et d’« expression d’une politique impériale ». Pour Carmona, le véritable coût serait de se soumettre par crainte de représailles.

Qui gagne et qui perd ? La demande place le gouvernement de Kast devant une décision délicate. Y donner suite tendrait les relations avec son principal partenaire politique extérieur. L’ignorer expose l’exécutif à des accusations de passivité sur les questions de souveraineté, alors que son taux d’approbation est tombé à 27 %, selon le sondage Criteria.

Les sources ne font état, pour l’heure, d’aucune réponse officielle du ministère des Affaires étrangères ni de l’ambassadeur lui-même à la demande des députés.

Dans le même entretien, Carmona a évoqué le geste de Michelle Bachelet, qui a laissé la porte ouverte à une troisième candidature présidentielle. Le dirigeant a déclaré que l’ancienne présidente bénéficie de « la plus haute estime » à gauche et a confirmé qu’il assistera ce jeudi à une réunion pour prendre directement connaissance de sa proposition.

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