L’ancienne ministre porte-parole Camila Vallejo, membre du Parti communiste (PC), a dressé un bilan sévère des sept premiers mois du gouvernement de José Antonio Kast. Dans un entretien avec The Clinic, publié ce 11 octobre, elle a accusé l’exécutif de ne pas respecter ses promesses de campagne.
« Le candidat Kast demanderait aujourd’hui la démission du président Kast, car il n’a tenu aucune de ses promesses », a déclaré Vallejo, selon CNN Chile. Il s’agissait de son premier entretien avec un média de presse écrite depuis son départ de La Moneda.
Ses critiques ont principalement porté sur l’économie. Vallejo a contesté les décisions budgétaires du gouvernement et affirmé qu’il existe un décalage entre ces mesures et les besoins de la population. Sur l’emploi et la croissance, elle a été catégorique : « tu ne peux pas continuer à rejeter la faute sur le gouvernement précédent ».
L’ancienne ministre a également critiqué les ajustements du budget 2027. Elle a mentionné la suppression des fonds destinés au programme Yo Elijo mi PC, qui fournit des ordinateurs aux élèves, ainsi que des modifications d’autres postes de dépenses sociales. Selon elle, « rendre les dépenses de l’État plus efficaces » ne doit pas se traduire par une réduction des prestations.
Vallejo a qualifié le gouvernement d’« extrême droite » et de « classiste ». Elle a déclaré que « le pinochetisme est arrivé au pouvoir », tout en assurant que ce courant « n’est pas majoritaire » dans le pays, bien que Kast dispose d’une majorité parlementaire. Elle a aussi critiqué l’alignement du chef de l’État sur la politique du président américain Donald Trump à l’égard de l’Amérique latine.
L’entretien a également abordé l’avenir de l’opposition. Vallejo a salué le fait que Michelle Bachelet reste disposée à participer au débat politique. Elle a estimé que l’ancienne présidente peut jouer un rôle fédérateur au sein du camp progressiste, même si une éventuelle troisième candidature présidentielle relève d’une étape ultérieure.
L’ancienne porte-parole a également formulé une autocritique de la gauche. Elle a soutenu que le camp progressiste avait réagi tardivement à la progression de l’extrême droite, surtout sur les réseaux sociaux et dans les espaces numériques. « L’extrême droite a mieux lu Gramsci que la gauche », a-t-elle affirmé, en référence au penseur marxiste italien Antonio Gramsci et à son idée de lutte culturelle.
Les sources disponibles ne font état d’aucune réponse du gouvernement ni des partis de la majorité à ces critiques. Vallejo se rend aujourd’hui au Mexique, invitée par le gouvernement de Claudia Sheinbaum au « Séminaire international : le progressisme face à l’extrême droite ». Le PC prépare, de son côté, sa Conférence nationale.



